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Jérome BOISSEL, doctorant à l’IAE TOURS : portrait d’un homme actif en sport comme en marketing

Dernièrement, La Nouvelle République a écrit un article sur Jérôme Boissel, vacataire à l’IAE de Tours et doctorant au sein du laboratoire Vallorem de l’Université de Tours pour une thèse en Science de Gestion, spécialité marketing. Il vient d’intégrer le Chambray Touraine Handball. Interview avec ce doctorant fascinant !

IAE FRANCE : Bonjour Monsieur BOISSEL, pouvez-vous vous présenter en quelques mots ?  

Jérome BOISSEL : Bonjour,

Après une maîtrise en Langues Etrangères Appliquées, j’ai effectué mon stage de fin d’étude dans un club de football de 3ème division en Angleterre, à la suite duquel j’ai décidé de faire carrière dans l’industrie du sport professionnel.

J’ai donc complété mes études par un MBA spécialisé dans l’industrie du football (FIMBA) à l’Université de Liverpool et, après un stage auprès de la Fédération Irakienne de Football, j’ai rejoint le service commercial et marketing de Manchester City. Attention, ce n’était pas tout à fait le club demi-finaliste de la Ligue des Champions. Nous étions certes le 17ème club le plus riche du monde mais aussi (et surtout) le 16ème club le plus endetté du monde !

Après deux ans chez les bleus de Manchester, j’ai changé de ballon en intégrant le département commercial et marketing des Sharks de Sale (Rugby à XV) entrainé à l’époque par Philippe Saint-André et avec des joueurs comme Sébastien Chabal, Luke McAllister etc. Sans doute ma meilleure expérience professionnelle dans cette industrie.

Après deux saisons complètes, je suis rentré en France pour devenir Directeur marketing et commercial du Tours Football Club. Ceci étant, lors de ces 18 mois, j’avais noué des liens avec l’école de commerce locale et je suis devenu enseignant-vacataire en marketing et communication.

J’ai effectué des « piges » à l’ESCEM Tours / Poitiers, à l’ESC Clermont et j’ai compris que je voulais devenir « prof en fac ». C’est alors que j’ai rencontré Madame Véronique Des Garets, Professeur des Universités en Sciences de gestion, qui est depuis devenue ma directrice de thèse – avec Madame Véronique Plichon, Maître de Conférence à l’IAE TOURS. Nous avons échangé sur un éventuel projet de thèse mais je devais retourner sur les bancs de la fac pour obtenir mon M2 Recherche en Sciences de Gestion.

Depuis 2014-2015, je suis donc doctorant, sous la direction de Mesdames Des Garets et Plichon et j’envisage de soutenir ma thèse en décembre 2017 si tout se passe bien. Parallèlement, je donne des cours à l’IUT de Tours et j’ai récemment intégré la direction commerciale et marketing du Chambray Touraine Handball pour les aider à intégrer la Ligue Féminine de Handball.

Ah oui, j’oubliais, j’ai deux petites filles, Scarlett, 5 ans et Rose, 2 ans, pour occuper mes journées quand je ne sais pas quoi faire…

Vous avez participé au séminaire doctoral IAE FRANCE, qu’est-ce que cela vous a apporté et quel est votre parcours depuis ?

J’ai effectivement participé au séminaire doctoral IAE FRANCE en mars 2015 à Paris. Il s’agissait d’une tradition relancée sous l’impulsion d’Isabelle Barth, vice-présidente Recherche du réseau IAE FRANCE et directrice de l’EM STRASBOURG.

Je dirais que ce séminaire m’a été profitable à trois niveaux :

  • Premièrement, il m’a permis de présenter mon projet doctoral à des enseignants que je ne connaissais pas. Ceci donne l’occasion de sortir de son laboratoire, de se confronter à des visions et idées différentes, ce qui n’est pas nécessairement négligeable en première année de thèse où les doctorants font face à un foisonnement d’idées.
  • Dans un second temps, il a aussi été question de réseautage auprès d’enseignants et de doctorants. Etre doctorant est une activité extrêmement solitaire et l’on peut souffrir d’isolement de temps à autres. Participer à des colloques, des conférences, des séminaires permet de sortir de sa coquille et peut-être de se rendre compte que ce sur quoi nous travaillons, qui peut sembler complètement « alien » aux membres de notre famille, à nos amis, etc. fait sens auprès de chercheurs et d’apprentis-chercheurs.
  • Enfin, nous avons aussi eu l’occasion d’écouter Hervé Dumez (Directeur de Recherche au CNRS, Directeur de l’Institut Interdisciplinaire de l’Innovation – i3 (UMR 9217), Directeur du Centre de Recherche en Gestion CRG – École polytechnique) et Pierre-Louis Dubois, délégué général de la FNEGE (Fédération Nationale pour l’Enseignement de la Gestion des Entreprises). Rien que ça, ça vaut son pesant d’or !

Parlez-nous un peu de votre thèse : quel est son sujet ? Où en êtes-vous ? Qu’est-ce que cela vous apporte au quotidien ?

Mon projet doctoral porte sur les concepts d’attachement, de proximité et de valeur perçue en marketing dans le cadre d’un changement de lieu. De manière moins abstraite –ou pompeuse– je travaille sur le changement de stade (enceinte sportive) d’un club de rugby du Top 14 et j’étudie, de manière longitudinale et dynamique les implications que ce déménagement a sur la perception de l’attachement, de la proximité et de la valeur chez les supporters de ce club.

Ce sujet est d’actualité car avec l’organisation de nombreux « méga-événements » en France, à commencer par l’Euro 2016 dans quelques mois, beaucoup de clubs se dotent de nouvelles enceintes (stades ou arenas). Des études ont porté sur les conséquences économiques, sociales, sociétales, mais aucune, à ma connaissance, sur ce que ressentent les usagers, c’est-à-dire les supporters de ces clubs. Quand on voit le lien qui peut unir un individu à son stade – tel un paroissien à sa cathédrale – les questions que je me pose me semblent légitimes.

Aujourd’hui, je suis en fin de 2ème année. J’ai finalisé mon questionnaire suite à l’adaptation d’échelles de mesure et je m’apprête à lancer la première de mes trois phases de questionnaires. Je suis en bonne voie donc je vais enfin pouvoir passer « à l’action ».

Au quotidien, ce travail en particulier me permet de lire L’Equipe et France Football en prétendant que c’est, justement, du travail. Plus sérieusement, l’article de la Nouvelle République a vu juste : je suis un boulimique de travail et je crois que cette thèse est le challenge le plus difficile qu’il m’était arrivé de me fixer. Intellectuellement c’est stimulant et j’ai l’impression d’apprendre quelque chose de nouveau tous les jours, que ce soit en marketing mais aussi en épistémologie, en méthodologie, en philosophie… et aussi – et peut-être surtout, j’en apprends énormément sur le monde qui m’entoure et sur moi-même.

Enfin, un conseil pour un doctorant ou un futur doctorant ?

Je ne sais pas si la thèse est faite pour tout le monde mais si un étudiant en M2 qui envisage cette opportunité me le demandait, je lui dirais de foncer tête baissée… Puis je le mettrai en garde sur une chose en particulier : bien choisir son ou ses directeurs de thèse. J’ai la chance d’avoir les deux meilleures directrices de thèse que l’on puisse imaginer – Mme des Garets et Mme Plichon. Elles sont extrêmement complémentaires mais surtout, elles ont très rapidement cerné ma personnalité, ma manière de travailler, mes aspirations et, du coup, l’alchimie est parfaite. Ceci facilite grandement les choses : il ne faut pas oublier que s’inscrire en thèse, c’est signer un contrat de 3 ou 4 ans avec la ou les mêmes personnes. Il peut y avoir des périodes de tensions, des coups de « moins bien » mais si les règles ou les conventions sont là, s’il existe un profond respect du doctorant envers son/sa directeur/trice, alors le candidat est sur la bonne voie.

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