ÉTUDIANTS À LA UNE

Créaluda-1.jpg

Créaluda : Carine Luce, étudiante à l’IAE Nantes, nous présente son projet

En juin 2017, nous vous présentions Créaluda, qui participait au concours Pépite Challenge. Aujourd’hui, ce projet se concrétise, et Carine Luce, étudiante-entrepreneuse à l’IAE Nantes, lance sa campagne de crowdfunding pour son projet Créaluda. Pour en savoir plus , nous avons interviewé Carine.

 

« Bonjour Carine. Vous êtes à la tête de Créaluda, entreprise qui devrait voir le jour d’ici peu. Pourriez-vous nous expliquer en quoi consiste Créaluda ? »

Je suis ravie de vous présenter Créaluda. C’est un projet que j’ai depuis 4 ans et demi maintenant et qui s’inscrit dans le domaine médico-social, et plus particulièrement dans le champ du handicap.

Avec Créaluda je souhaite agir dans les établissements qui accueillent des adultes en situation de handicap. Pour moi, il est important d’agir auprès des deux publics qui côtoient ces structures, les professionnels et les résidents, afin d’améliorer la qualité de vie de chacun, que ce soit la qualité de vie au travail ou et la qualité de vie au quotidien. Si j’agis auprès de l’un, la bonne humeur et la bonne ambiance rayonnera sur l’autre. C’est pourquoi je souhaite travailler auprès de tous, l’impact positif sera plus important et une évolution durable se fera sentir dans ces établissements.

Pour cela, je propose un premier service qui est d’identifier et d’analyser les besoins, le fonctionnement de la structure, les formes de communication et de relation, mais aussi les difficultés et les réussites.

A la suite de cela, je suis en mesure de proposer des conseils auprès et avec les professionnels afin de les aider à trouver des solutions efficaces à leurs difficultés. L’objectif est également de les aider à déstresser, de pallier un manque de moyen matériel, financier ou humain, un manque d’énergie et de temps à accorder à leurs résidents par exemple. Ainsi, ils seront plus motivés et l’accompagnement qu’ils mettront en place auprès des adultes en situation de handicap sera de meilleure qualité.

En parallèle de ce travail d’équipe avec les professionnels, je mettrais en place des animations adaptées aux capacités et aux handicaps des résidents. Ce sont des sorties, des activités manuelles de groupe et des activités individuelles. Elles répondent aux besoins exprimés ou non, et aux demandes. Ces activités ont pour objectif d’aider à préserver les capacités, les acquis et l’autonomie. Elles permettent également de prévenir l’avancée en âge des personnes, de les aider à garder confiance en elles, de les valoriser et de préserver un lien social. A savoir que ces adultes en situation de handicap vivent dans des établissements fermés et en sortent pour des sorties médicales, des loisirs, des sorties en famille et pour réaliser des achats. Ainsi, conserver un lien avec la société est important.

Donc nous pouvons dire que l’objectif est d’apporter de la bonne humeur, des sourires et de la joie de vivre dans ces établissements.

 

« Comment est née l’idée de cette entreprise ? »

Comme je l’ai dit tout à l’heure cela fait 4 ans et demi que je développe Créaluda. Ainsi, il y a 4 ans et demi, j’ai eu un déclic en observant le comportement et le moral de ma grande sœur en situation de handicap mental. Je la voyais perdre son sourire, être frustrée, elle parlait de moins en moins avec de la joie de vivre. Et c’est en voyant ce déclin que je me suis dit « Il y a une origine, quelque chose ne va pas ». J’ai donc observé ce qui se passait à la maison mais aussi dans la structure, un foyer occupationnel, qu’elle avait intégré. Et là j’ai compris. Son établissement ne l’écoutait pas ou peu, ses encadrants ne cherchaient pas à la comprendre et à répondre à ses besoins de la meilleure manière qui soit. De plus, ils étaient surchargés de travail et n’avaient pas de temps à accorder à chaque résident. Pourtant ma sœur était demandeuse de ce temps individuel. Ces professionnels n’avaient pas non plus les moyens matériels pour mettre en place régulièrement des activités variées et adaptées aux capacités et handicap de chacun. C’est ce déséquilibre résidents/encadrants qui m’a fait réagir et m’a poussé à créer Créaluda, qui signifie CRÉAtions LUDiques et Adaptées. Aujourd’hui, la situation de cette structure n’a pas vraiment changé et mon projet avance. Il va faire évoluer le secteur médico-social. C’est un projet familial puisque ma sœur en est le précurseur, et notre famille, la motivation.

 

« Vous êtes aussi étudiante au sein de l’IAE Nantes. Comment concilier le statut d’étudiante et d’entrepreneuse ? Est-ce un atout au final ? »

Cela fait 2 ans que j’ai le statut d’étudiant-entrepreneur puisque je suis accompagnée par Pépite Bretagne-Loire. Ainsi, la première année quand j’ai eu ce statut, j’étais en Master 2 Management de Projet d’Innovation et Entrepreneuriat à l’IAE de Nantes. C’était assez compliqué d’allier ma formation et mon projet.

J’étais étudiante mais à mes yeux j’étais surtout entrepreneure. J’avais donc deux rythmes d’apprentissage et de motivation à faire coïncider, celui de l’entrepreneuriat étant plus rapide et raisonnant davantage en moi. Je devais également faire face aux incompréhensions de certaines personnes de ma promo de Master puisque j’étais la seule entrepreneure, alors que pour ma promo d’entrepreneurs, j’étais la seule à avoir encore des cours. De ce fait, je devais avoir un autre rythme à adopter, celui des autres, surtout pour ce qui est des travaux de groupe à réaliser pour le Master. A savoir que lorsque j’étais en cours, je consacrais toutes mes pauses au développement de mon projet, en prenant des rendez-vous, en passant des appels, en discutant avec les animateurs de Pépite qui m’accompagnaient et m’accompagnent toujours ou en discutant avec d’autres entrepreneurs. Et lorsque je finissais à 17h30 mes cours de Master, je continuais ma journée par des Ateliers experts avec Pépite ou des rendez-vous. Mon objectif était vraiment de perdre le moins de temps possible pour Créaluda tout en apprenant un maximum de chose avec mon Master.

Pour valider mon année de Master, j’ai eu la possibilité de substituer mon stage de fin d’année par le développement de mon projet et l’intégration du programme Starter de Pépite. J’ai eu la chance d’être bien entourée par les animateurs de Pépite et que le responsable de ma formation m’ait donné cette opportunité. Ce programme a duré 5 mois et j’ai pu réaliser toute mon étude de marché et faire avancer Créaluda, tout en ayant encore des cours.

Le rythme et le travail étaient soutenus mais ça m’a permis de grandir, de prendre confiance en moi, de me connaître davantage et de m’affirmer.

Si j’avais la possibilité de refaire cette année 2016-2017, je ne changerai rien, pour rien au monde. C’était un challenge très intéressant et qui pimente vraiment une vie. Je considère le fait d’être étudiant-entrepreneur comme étant très bel atout.

Cette année 2017-2018, je suis encore étudiante-entrepreneure. Mais je ne suis pas en Master, je fais le Diplôme Universitaire Etudiant-Entrepreneur avec l’IAE de Nantes et toujours Pépite. Cette année est très différente de l’an dernier. En effet, je n’ai pas de cours, pas d’ateliers experts puisque je les ai suivi l’an dernier, pas d’examen, pas d’oraux, mais j’ai mon projet et l’accompagnement de Pépite. Ainsi, je suis complétement autonome dans mes missions et dans l’avancement de Créaluda. Et j’adopte le rythme qui me convient le mieux. Toutefois, cette année j’ai fait le choix d’avoir deux emplois pour subvenir à mes besoins et faire vivre Créaluda. Ces emplois pourraient être vu comme contraignants mais pas du tout puisqu’ils me font grandir, me permettent de penser à autre chose qu’à l’entrepreneuriat. Quand je travaille pour mes employeurs je vois ça comme étant ma pause en tant que porteur de projet. Je me consacre aux autres et pas seulement à moi. Ce rythme me convient et c’est également un atout puisque je ne me sens pas enfermée dans une bulle entrepreneuriale.

 

« Quelles démarches restent à faire avant que Créaluda ne voit le jour ? »

Je lance l’activité en septembre 2018. Actuellement, je recherche des partenariats pour récupérer du matériel qui peut tout à fait servir pour les animations que je mets en place. Par exemple, j’ai la possibilité de récupérer des bouchons en liège auprès du caviste Nicolas à Nantes, des pots de fleurs auprès de la pépinière Renaud, du papier auprès des Papiers de l’Espoir. J’ai également un partenariat avec la médiathèque Floresca Guépin de Nantes pour tout ce qui est récupération de vieux livres et la mise en place de sorties. J’ai la chance de pouvoir mettre en place d’autres sorties dans le château des Ducs de Bretagne et pour l’une des contreparties de ma campagne de crowdfunding. Donc je recherche désormais des partenariats pour récupérer de la peinture, des perles et tout autre élément pouvant être utilisé.

Je souhaite également ancrer Créaluda dans le domaine de la recherche dans le milieu du handicap. C’est pourquoi j’ai pris contact avec des doctorants et enseignants-chercheurs, et des centres de recherche. Ces démarches sont relativement récentes et j’attends des retours. Je souhaite faire en sorte que ce que Créaluda met en place puisse servir à la société.

Enfin, comme je viens de le dire, je réalise une campagne de crowdfunding sur Ulule du 14 mai au 25 juin 2018. L’objectif est de récolter 4 000 € pour avoir la possibilité d’acheter un véhicule d’occasion de fonction. Sans cela, c’est assez compliqué d’intervenir dans les établissements médico-sociaux. A savoir que le premier palier est à 5 € et que les contreparties sont assez atypiques. En effet, il y a des box d’animations avec des matériaux que j’utilise pendant les animations de Créaluda. Il y a également une sortie en étant en condition de handicap visuel, auditif ou moteur au sein du Château des Ducs de Bretagne. Et il y a bien d’autres choses que je vous laisse découvrir sur la page Créaluda d’Ulule !

IAE FRANCECréaluda : Carine Luce, étudiante à l’IAE Nantes, nous présente son projet

Join the conversation