L'actu des IAE
En proposant des formats accessibles et interactifs, les membres du LiREM (Laboratoire de recherche en management) ont invité le public à découvrir des travaux de recherche consacrés à des problématiques concrètes, au croisement du management, des politiques publiques et des grandes transitions contemporaines.
Microcrédit, budget participatif, habitat adapté, territoires zéro chômeur, recyclerie ou kiosques solidaires : Koussila Bedrane s’est appuyée sur des initiatives concrètes pour illustrer les différentes formes que peut prendre l’innovation sociale.
Ces exemples montrent que l’innovation ne repose pas nécessairement sur une avancée technologique. Elle peut aussi émerger de nouvelles pratiques de coopération, de dispositifs favorisant la participation citoyenne ou de solutions imaginées pour répondre à des besoins sociaux et environnementaux insuffisamment satisfaits.
Cette approche invite à porter un autre regard sur les initiatives locales et sur leur capacité à faire évoluer les organisations et les modes de fonctionnement collectifs.
Modifier ses pratiques de consommation et adopter des comportements plus respectueux de l’environnement ne va pas toujours de soi. Aurore Darmandieu a proposé au public de s’interroger sur ces contradictions du quotidien : quels gestes contribuent réellement à la protection de l’environnement ? Qu’est-ce qui nous incite à agir, ou au contraire nous freine ?
Grâce à des jeux interactifs, les participants ont pu confronter leurs expériences et échanger sur les facteurs qui influencent les comportements individuels. Les discussions ont également permis d’élargir la réflexion au rôle des organisations dans la transition écologique.
L’occasion de rappeler que l’évolution des pratiques ne dépend pas uniquement des choix personnels, mais aussi des contextes, des dispositifs et des modes d’organisation qui facilitent — ou limitent — le changement.
La transformation numérique soulève également des questions essentielles pour les acteurs publics. Pascal Frucquet a présenté ses réflexions sur la manière dont les territoires peuvent concevoir des politiques numériques adaptées à leurs besoins et à leurs spécificités.
Alors que le numérique et l’intelligence artificielle prennent une place croissante dans les organisations et les services publics, comment concilier innovation technologique, efficacité économique et exigences démocratiques ?
Ses travaux mettent notamment en lumière le rôle que pourrait jouer un acteur public « orchestrateur », chargé de coordonner les parties prenantes et les systèmes d’information. L’enjeu est de favoriser une approche cohérente des politiques numériques, tout en veillant à leur évaluation et à leur adéquation avec les besoins des territoires.
Ramsesse Adimou, doctorante au LiREM, a pour sa part proposé une expérience participative autour de la valeur créée par les politiques publiques, à partir de l’exemple de l’économie sociale et solidaire (ESS).
Son intervention a permis d’explorer les différentes dimensions de cette valeur, au-delà de ses seuls effets économiques. Une politique publique peut également produire des bénéfices sociaux, environnementaux et territoriaux, dont l’identification et l’évaluation contribuent à mieux comprendre son utilité collective.
Cette réflexion souligne l’importance de prendre en compte la pluralité des effets d’une action publique pour en apprécier pleinement la portée.
La participation de l’IAE Pau-Bayonne à la Nuit de la Recherche illustre la volonté de rendre les sciences de gestion accessibles au plus grand nombre. En s’appuyant sur des exemples concrets, des jeux et des échanges directs, les chercheurs ont pu présenter leurs travaux autrement et inviter chacun à s’approprier les questions qu’ils soulèvent.
La médiation scientifique joue ici un rôle essentiel : elle permet de rapprocher les connaissances produites dans les laboratoires des préoccupations des citoyens. Elle donne également aux chercheurs l’occasion de confronter leurs analyses à d’autres expériences, de recueillir de nouvelles interrogations et d’enrichir le dialogue autour de leurs sujets d’étude.
Car les sciences de gestion ne se limitent pas à l’analyse des entreprises et de leurs performances. Elles apportent aussi des clés de compréhension sur les transformations des organisations, les pratiques collectives, les politiques publiques et les transitions qui façonnent nos sociétés.
En ouvrant un espace de rencontre entre recherche et citoyenneté, la Nuit de la Recherche contribue ainsi à mieux faire connaître ces travaux et à montrer comment ils peuvent nourrir la réflexion collective sur les défis d’aujourd’hui et de demain.
